La
venue d'un Pharmaprix provoque la grogne à Notre-Dame-de-Grâce
Frédérique
Doyon
Édition du
lundi 1er août 2005
Le
projet d'ériger un Pharmaprix sur le terrain de l'ancien stationnement de
la Villa Notre-Dame-de-Grâce, à l'angle des rues Décarie et Côte-Saint-Luc,
provoque la grogne des résidents de l'arrondissement du même nom.
Selon
Héritage Notre-Dame-de-Grâce (HNDG), qui renaît de ses cendres pour
l'occasion, sept dérogations seraient nécessaires pour cette
construction, dont le changement de zonage, d'institutionnel à
commercial. La bâtisse contreviendrait aussi aux règles d'urbanisme, qui
exigent un minimum de trois étages, en érigeant deux faux étages en façade
de l'édifice seulement.
«C'est un peu une construction "Far West", ça n'a pas sa
place, clame Mme Claude Casgrain, résidante du quartier et porte-parole
d'HNDG. Tout est résidentiel dans le coin, et connaissant l'architecture
des bannières sur trois façades de Pharmaprix... Le plus étrange, c'est
que Mme [Francine] Senécal est responsable du Patrimoine [à la Ville] et
a décidé, sous son chapeau de conseillère, de voter avec le maire en
faveur du projet [lors de sa seconde lecture].»
«Ça va carrément défigurer le beau bâtiment de l'orphelinat, juste à
côté, qui date du début du XXe siècle», renchérit Suzanne Jacob, résidante
de la petite rue de l'Orphelinat attenante au terrain, où circulent
d'ailleurs beaucoup de piétons sortant de la station de métro
Villa-Maria. Les autorités décideront ce soir (en troisième lecture) si
elles acceptent ou rejettent le projet, déjà accueilli favorablement en
seconde lecture. Mais HNDG a déjà entrepris des démarches pour empêcher
sa réalisation, advenant le vote favorable de ce soir. L'organisme invite
d'ailleurs les résidants à assister à la réunion du conseil de
l'arrondissement.
«Il
y a encore une petite marge de manoeuvre, mais on encourage les gens à
aller à la réunion pour recueillir les commentaires et avis des
conseillers à ce sujet, indique Mme Casgrain. On doit s'inscrire entre
18h et 19h pour poser des questions au conseil.» En juin dernier, les résidents
de cinq zones concernées (notamment les rues Earnscliffe, Coolbrook, Décarie,
de l'Orphelinat) par le projet ont demandé et obtenu l'ouverture d'un
registre menant à un scrutin référendaire. Si le vote du conseil est
favorable, les résidants pourront signer le registre le 31 août
prochain. Le nombre de signatures requises pour déclencher un référendum
sera fixé le 10 août.
L'organisme
s'oppose au Pharmaprix pour des questions de respect du patrimoine, mais
aussi parce qu'il craint que la fluidité de la circulation, des voitures
comme des piétons, ne soit entravée. L'accès au stationnement de 23
places de la pharmacie, rue Côte-Saint-Luc, serait pour le moins
encombrant, estime Mme Jacob, vu l'arrêt d'autobus et le flot déjà
abondant de voitures qui tournent à droite pour emprunter la bretelle
d'accès à l'autoroute Décarie.
La
Villa Notre-Dame-de Grâce (anciennement l'Orphelinat catholique) qui
prend soin d'enfants en difficultés, a cédé son terrain de
stationnement pour 50 000 $ en octobre 2003.
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